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La santé connectée : une chance pour la médecine ?

Les tendances du dernier CES (1), qui s’est déroulé à Las Vegas en janvier, montrent que l’avenir technologique est clairement orienté vers le médical : l’espace dédié aux startups de la santé a augmenté de 40% entre 2014 et 2016. Et c’est complètement logique ! Depuis longtemps les films de science-fiction dépeignent un monde où la technologie est omniprésente au quotidien et permet notamment de surveiller sa santé. Mais pour beaucoup, un futur où la santé est intimement liée à la technologie constitue un vrai risque, notamment en termes de sécurisation des données personnelles de santé.

Cet article donne un aperçu des avantages et des inconvénients de ce nouveau phénomène de santé connectée.

  • L’e-santé comme acteur du « quantified self » (2)

Alors que l’Homme est capable d’expliquer le monde qui l’entoure, et de mettre en équations des phénomènes complexes, l’individu ne connait que trop peu l’état de son corps et de sa santé à un instant précis.

« Suis-je en bonne santé ?  Ai-je besoin d’aller chez le médecin ? »

Nous n’obtenons de réponses à ces questions qu’à l’occasion d’une visite chez le médecin. Or nous y allons en moyenne seulement quatre fois par an (3), et il faut souvent prendre rendez-vous plusieurs semaines à l’avance.

Peut-on considérer que faire un point sur sa santé quatre fois par an est suffisant ? La réponse dépend évidemment beaucoup de l’état de santé de chacun. Toutefois, les objets connectés permettent aujourd’hui d’avoir un suivi régulier et personnalisé de sa santé.

  • L’e-santé comme garant de l’autonomie et de la sérénité

Notre société vieillit de jour en jour et le nombre de personnes nécessitant un suivi médical personnalisé et régulier augmente par la même occasion. Cela explique l’émergence d’acteurs de la « silver économie » (4). Les instruments médicaux de demain visent à simplifier les interactions entre le personnel médical, les patients et leurs proches. Bien utilisés, les bénéfices attendus sont d’alléger le personnel médical débordé, de rassurer les familles et de préserver l’autonomie des patients.

  • L’e-santé comme outil pour le médecin

L’objectif des objets connectés n’est pas de diagnostiquer des pathologies ou de pousser à l’automédication mais principalement de donner un aperçu complet des signes vitaux de l’utilisateur. Les futures visites chez le médecin, agrémentées de donnés mesurées au quotidien, seront plus efficaces, permettront de déceler et de traiter des pathologies qui aujourd’hui ne sont repérées que trop tard. Les médecins obtiendront un suivi plus régulier et plus adapté de leurs patients, et disposeront de plus de données pour établir leur diagnostic.

  • Quid des problématiques de sécurité des données ?

Nombreux sont les sceptiques quant à la sécurité de leurs données. Le « big data » dans le domaine de la médecine pourrait permettre de grandes avancées, mais l’éthique médicale oblige les autorités législatives à s’adapter à ce nouveau phénomène.

Des organisations comme l’ASIP santé (Agence des Systèmes d’Information Partagés de santé) sont mandatées pour s’assurer de la sécurité de nos données personnelles de santé. Les dispositifs médicaux connectés devront respecter des conditions strictes pour garantir à l’utilisateur la protection de ses données.

À l’heure où les fabricants d’objets connectés orientés « bien-être »  s’approchent de la frontière du médical, la question de la sécurité des données constitue un critère de choix essentiel pour les utilisateurs.

(1) Le Consumer Electronics Show (CES) est le plus grand salon annuel dédié à l’innovation technologique.
(2)
Le « quantified self » est un mouvement qui regroupe les outils, les principes et les méthodes permettant à chacun de mesurer ses données personnelles, de les analyser, et de les partager.
(3)
Selon une étude de Mondiale Assistance en 2012.
(4)
La « silver économie » regroupe les produits et services qui accompagnent le vieillissement de la population et font reculer la perte d’autonomie.

Article rédigé par Joffrey.